ESSAIS DE REPRODUCTION ARTIFICIELLE DU DIAMANT | FR

Après que les chimistes eurent découvert que le diamant n'était que du charbon cristallisé, on essaya de répéter dans les laboratoires le travail de la nature. Il ne sera cependant pas sans intérêt de suivre ces travaux que nous raconte e. a. Henri Jacobs en 1880.

La supercherie fut découverte assez tôt. Les travaux d'Henri Lemoine étaient de plus en plus douteux, et jamais il n'acceptait de refaire la démonstration. Entre-temps, on découvrit qu'il existait une similitude trop parfaite entre les diamants « fabriqués » et ceux de la mine de Jagersfontein en Afrique du Sud. Selon le soi-disant chercheur, les diamants devaient se sublimer dans la chaleur du four. A son insu, on jeta un diamant dans le four qui en ressortit intact. Lemoine fut arrêté et un procès retentissant s'en suivit. Lorsqu'on sortit l'enveloppe scellée du coffre à Londres, on découvrit le pot-aux-roses : la formule n'était autre qu'une «loi» déjà connue et erronée, prétendant que le carbone se cristallise entre 1.790 et 1.800°C ! Cette histoire rocambolesque fit la une des journaux de l'époque.
 
Lors d'une mise en liberté provisoire, Henri Lemoine s'enfuit vers Constantinople pour échapper à la justice française. Plus tard, croyant que le danger était écarté, il revint en France et fut à nouveau arrêté, il comparut devant le tribunal qui le condamna à six ans de travaux forcés. Les premières recherches sérieuses sont attribuées à l'Anversois Raymond Peiren (1903-1954) établit, dans les caves de son magasin spécialisé en porcelaine et cristaux, un laboratoire où il se lança dans des essais de fabrication de diamant synthétique. En 1935, il acheta des appareils et un important matériel à diverses firmes belges et étrangères qui attestent du sérieux avec lequel il entreprit ses recherches.
 
De 1939 à 1953, il réalisa des expériences avec des mélanges de poudre de carbone et de différents oxydes, de façon très systématique et très poussée. Malheureusement, il n'atteignit jamais les résultats escomptés et son laboratoire explosa. Le physicien américain Percy William Bridgman (1882-1961) eut plus de réussite. Pendant quarante ans, il accomplit un travail de pionnier dans le domaine des hautes pressions, et reçut d'ailleurs le prix Nobel pour l'ensemble de son œuvre. En 1941, les multinationales General Electric, Carborundum et Norton lui demandèrent d'entreprendre des recherches sur la fabrication du diamant. Il rencontra de nombreuses difficultés pour réunir les conditions expérimentales.
 
En 1953, les recherches commencèrent à porter leurs fruits lorsque H. Liander et E.Lundblad, travaillant en Suède pour les laboratoires Allmana Svenska Elektriska Aktiebolage (ASEA), arrivèrent à des conclusions plus que déterminantes. Malheureusement, la société ne publia pas leurs résultats et la paternité de leurs recherches fut attribuée aux chercheurs de la General Electric. En 1955, ceux-ci réussirent en effet à fabriquer des diamants de façon reproductible. Pour ce faire, il leur fallait des presses géantes créant des conditions de pression de l'ordre des 100.000 atmosphères. Cela se faisait dans de petites chambres à pression en pyrophyllite et à des températures dépassant 2.760 °C. Il furent rapidement suivi par la De Beers, les Russes, les Chinois et les Japonais. Toujours des poudres et des grains pour l’industrie. Ce n’est que fin du XXe siècle que le diamant synthétique fait son apparition dans le secteur de la joaillerie.
 
Actuellement le marché du diamant synthétique « explose » soit d’origine HPHT (haute pression et haute température) soit CVD (déposition de vapeur chimique). En 2017 il y a eu une production de plus de 4,2 millions de carats de diamants synthétiques rien que pour le secteur de la joaillerie, principalement pour les États-Unis. Les prix sont en baisse vertigineuse car la Chine, les E.U., le Japon, la Russie, la Suisse et même la Belgique (au Limbourg depuis le début de l’année) en fabriquent jour et nuit. Le géant du diamant, la De Beers, se jette lui aussi dans l’arène avec sa collection « Light box » qui, selon eux, vont « casser » les prix.

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